Forums grenouille.com Recherche avancée

   

 

> Les tests en adsl., A faire soi même.
loicier
Ecrit le : 12/02/10 à 14:32


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



Préambule

Je reprends en partie dans ce tuto des posts du forum Free.
Je vais essayer de rendre ces tests utilisables par tous les internautes quelque soit leur FAI.
Le parti pris est toujours le même, il s'agit de faire des tests le plus simple possible avec le modem, des outils d'usage courant et des équipements largement répandus.
Ces tests sont envisageables dans des situations bien définies que je préciserai et ont l'ambition de faire un diagnostic sur la santé de la connexion adsl ou la localisation d'un défaut.
Ces tests n'abordent que la connexion adsl. Celle-ci est le segment analogique de la connexion qui relie votre PC à Internet. Elle est constituée de 3 éléments :
  1. un modem en tête de ligne téléphonique (la norme pour l'adsl l'appelle ATU-C pour Adsl Transceiver Unit at the Central office end) qui est physiquement localisé dans le DSLAM (Digital Subscriber Line Acces Multiplexer), au NRA (Noeud de Raccordement d'Abonnés).
  2. un support de transmission des signaux adsl (les câbles de raccordement au NRA + la ligne téléphonique + l'installation terminale de l'abonné),
  3. un modem de l'autre coté de la ligne, le modem de l'abonné (la norme l'appelle ATU-R pour Adsl Transceiver Unit at the Remote terminal end).
Seuls ces 3 éléments sont concernés dans ce tuto. Parmi tous ces éléments aucun ne nous appartient la plupart du temps sauf, parfois, le modem ATU-R quand il n'est pas la propriété du FAI. Toutefois une partie du support de transmission relève de notre responsabilité : l'installation terminale abonné. C'est le seul élément sur lequel on pourra intervenir. Cela donne la mesure de notre incapacité d'action en temps qu'abonné d'un FAI. Mais cela ne nous empêche pas de faire des tests.
Faire des tests à quoi bon ?
  • A constituer un dossier technique de suivi de sa connexion adsl,
  • à mieux préciser au FAI tel défaut handicapant la connexion adsl,
  • et, dans de rares cas, à y remédier par soi même.
C'est de mon point de vue suffisant pour justifier les tests.
Ce sujet est divisé en 6 parties :
  1. Les tests d'amélioration de la connexion adsl,
  2. Les interventions sur la connexion adsl,
  3. Les configurations de test et les outillages,
  4. Le suivi de la connexion adsl,
  5. Les défauts de la connexion adsl.
  6. La symètrie
Si vous avez des critiques ou des questions sur ce sujet, postez les dans un message du sujet Questions / réponsesdu forum Général que vous créerez à cet effet.

Ce message a été modifié par loicier le 19/04/10 à 16:31


--------------------
loicier
Ecrit le : 12/02/10 à 14:57


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



Les tests d'amélioration de la connexion adsl .

L'approche classique pour savoir si une connexion adsl est optimum est de comparer ses performances à celles attendues compte tenu des caractéristiques de la ligne téléphonique qui la porte. Cette approche est assez facile si la connexion adsl considérée fonctionne au maximum des possibilités de la ligne. C'est plus difficile si les performances sont limitées par d'autres considérations : par contrat (abonnement à 1024kb/s par exemple) ou du fait du procédé adsl utilisé (adsl1 ou GDMT, adsl2, …).
Je vous propose plus modestement une autre approche qui permet d'évaluer l'aptitude de votre installation terminale à ne pas dégrader les performances de votre connexion adsl compte tenu de l'environnement électromagnétique qui est le votre.
Une approche qui prend l'ensemble du support en compte est possible mais elle sort de ce cadre car elle implique l'utilisation d'un modem particulier qui n'est pas, dans le cas général, celui que nous avons.
L'installation terminale abonné, comme l'ensemble du support de transmission, intervient de 2 façons différentes dans la dégradation des performances de la connexion adsl :
  1. elle atténue le signal adsl qu'elle transporte,
  2. elle reçoit du bruit induit par l'environnement (elle se comporte un peu comme une antenne réceptrice) qui se trouve en concurrence avec le signal adsl.
Il y aura donc plusieurs tests : un test qui porte sur l'atténuation, un test en deux paries qui porte sur votre environnement électromagnétique et sur le comportement de votre installation terminale dans cet environnement et enfin un test de localisation de la source d'un éventuel champ électromagnétique perturbateur.
  1. L'atténuation de l'installation terminale :
    L'instrument de mesure de l'atténuation est le modem. Il mesure en permanence l'atténuation du signal adsl qu'il reçoit. Pour accéder à cette valeur il faut savoir se connecter à l'interface de son modem, sauf pour les freenautes qui n'ont d'interface avec leur modem qu'à travers un téléviseur. Se reporter à la documentation de son modem pour se connecter.
    Pour mesurer l'atténuation apportée par l'installation terminale on va faire 2 mesures et faire ensuite une différence :
    1. on relève l'atténuation down (du signal descendant) sur l'interface du modem branché dans sa position courante, soit A1,
    2. on relève l'atténuation down avec le modem directement branché sur les fils nus d'arrivée de la ligne en écartant toute l'installation terminale, soit A2,
    3. on calcule Ai = A1 – A2.
    Ce résultat dépend bien sur de la longueur du câble et du diamètre de ses brins principalement.
    Si Ai demeure inférieure ou égale à 1dB on peut considérer que l'installation terminale intérieure est correcte.
    Si Ai est supérieure à 5dB on peut affirmer qu'il y a un ou plusieurs défauts.
    Si Ai est entre les deux valeurs ci-dessus les puristes feront des investigations plus approfondies.
    Une méthode de recherche des défauts à l'origine d'une atténuation trop élevée est donnée ici, paragraphe n°1.
    Le branchement du modem pour la mesure A2 n'est pas simple à faire sauf si l'installation terminale est raccordée à un DTI (Dispositif de Terminaison Intérieur, se reporter au site de vieuxgeo pour en savoir plus). Comme j'aurai recours à ce branchement dans d'autres circonstances l'outillage (en fait un cordon) nécessaire est décrit ici.
    Durant le test ci-dessus noter aussi les atténuations up ainsi que leur accroissement apporté par l'installation terminale. Cet accroissement pourra être utile en cas de défaut lors de sa localisation comme décrit ici.
  2. Le bruit de l'installation terminale :
    L'installation terminale est un circuit électrique qui ne génère aucun bruit par elle-même. J'exclus le bruit d'origine thermique qui est beaucoup trop faible pour perturber une connexion adsl.
    Pour que l'installation terminale récupère du bruit il faut réunir deux conditions :
    1. l'environnement proche est le siège d'un champ électromagnétique qui couvre la bande de fréquence utilisée par l'adsl (de 142kHz à 2208kHz),
    2. l'installation terminale n'est pas capable d'interdire au champ électromagnétique l'introduction d'un signal de bruit entre ses deux brins.
    Pour évaluer indirectement quelle est l'importance du bruit récupéré par l'installation terminale on va procéder en deux étapes :
    • Y a-t-il un champ électromagnétique couvrant la bande adsl dans l'environnement de l'installation terminale ?
    • Compte tenu de l'installation terminale est-ce que cela vaut la peine d'envisager des interventions ou des modifications ?
    1. Etape n°1 :
      Pour voir si un champ électromagnétique est présent on va délibérément dégrader la qualité de l'installation terminale en utilisant une mauvaise rallonge.
      La dégradation des performances de la connexion adsl permettra de répondre oui et son absence non.
      Pour suivre les performances de la connexion adsl on va s'intéresser au débit et à la marge de la voie montante de la connexion adsl. On suivra un troisième paramètre, l'atténuation de la même voie, pour valider le test. Ces paramètres sont disponibles sur l'interface du modem.
      Le modem peut donner plusieurs débits et plusieurs atténuations, il faudra choisir de suivre toujours le même durant le test.
      Les besoins pour le test :
      Une rallonge téléphonique. Utiliser une technologie de rallonge comme celle-ci (065100-62). Beaucoup d'autres technologies conviennent, il faut exclure les rallonges avec paire torsadée. Si vous avez une rallonge avec plusieurs paires torsadées, utiliser deux brins de paire différente pour faire le test.
      La rallonge doit avoir une longueur suffisante : si votre cordon fait 2m, utiliser une rallonge de 10m. S'il fait 10m prendre une rallonge de 20m.
      Durant le test la rallonge se substitue au cordon habituel de raccordement du modem à la prise téléphonique.
      Une recommandation :
      Le test va se dérouler en plusieurs phases. Enchaîner les phases l'une après l'autre dans un intervalle de temps le plus court possible. Il faut écarter le risque de modification des champs électromagnétiques qui nous intéressent durant le test.
      La procédure :
      • le modem étant raccordé comme d'habitude, faire une interruption de la connexion adsl (en retirant quelques instants -5 secondes- le cordon de la prise téléphonique) pour réinitialiser le débit le cas échéant.
      • quand la connexion est rétablie (voyant adsl fixe ou affichage de l'heure pour les freebox) lire le débit D1, la marge M1 et l'atténuation A1 de la voie descendante.
      • remplacer le cordon par la rallonge.
      • quand la connexion est rétablie (voyant adsl fixe ou affichage de l'heure pour les freebox) lire le débit D2, la marge M2 et l'atténuation A2 de la voie descendante.
      • valider le test.
      • dépouiller le test.
      La validation consiste à comparer A1 et A2. Si Ai=A2-A1 est inférieur à 0,2dB le test est validé. Si le modem n'affiche pas les dixièmes de dB alors l'écart de 1dB au maximum est toléré pour la validation du test.
      Le dépouillement :
      Pour le dépouillement il faut considérer 3 cas :
      • Le débit D1 = D2 (débit contractuel fixe ou débit au maximum du débit possible). Alors c'est la marge le paramètre qui va permettre de décider. Si Mi=M1-M2 est approximativement égal à Ai, alors il n'y a pas de champ électromagnétique perturbateur significatif. Si Mi est supérieur à Ai (d'au moins 1dB) alors il y a un champ perturbateur.
      • La marge M1 = M2 = La marge initiale (elle dépend du FAI). Alors c'est le débit le paramètre qui va permettre de décider. Si Di=D1-D2 reste inférieur à 200kb/s alors il n'y a pas de champ électromagnétique perturbateur. Si Mi est supérieur à 200kb/s alors il y a un champ perturbateur.
      • La marge et le débit ont diminué. La décision est plus difficile à prendre. Si Mi ou Di est supérieur à Ai ou à 200kb/s la réponse est la même que dans le cas 1 ou 2. Si ni Mi ni Di ne sont supérieurs à Ai ou 200kb/s alors le test est ambigu.
      Quand on a un champ perturbateur potentiellement dangereux dans l'environnement de l'installation terminale, il faut se poser deux questions :
      • Quelle est la source de ce champ électromagnétique ? L'objectif est d'y mettre bon ordre en faisant cesser cette nuisance. Voir le paragraphe 3) ci-dessous.
      • Si on ne sait pas localiser la source quel est l'effet de cette source sur mon installation terminale dans sa configuration habituelle. Voir l'étape n°2 ci-dessous.
      Un exemple pour finir. Le test a été fait sur mon installation terminale avec un modem Hitachi AH4022 et une rallonge de 5m seulement :
      ........................SANS..........AVEC
      Debit ATM : 15134kb/s..15002kb/s
      Marge : ..............6,1dB..........6,1dB
      Atténuation : ....27,5dB........27,5dB
      La variation d'atténuation n'est pas discernable. La variation de débit de 132kb/s montre qu'il n'y a pas de champ électrique perturbateur important dans l'environnement de mon installation terminale. Un modification de celle-ci n'apporterait aucun gain significatif.
    2. Etape n°2 :
      L'étape n°2 ressemble beaucoup à l'étape n°1 en ce sens qu'au lieu de dégrader l'installation terminale, on la débranche complètement en vue d'évaluer sa contribution sous l'influence d'au moins un champ électromagnétique perturbateur mis en évidence durant l'étape n°1.
      Cela veut dire qu'il est possible de faire l'économie de l'étape n°1 en passant directement à l'étape n°2. Toutefois je conserve l'étape n°1 car elle est plus facile à réaliser et que l'étape n°2 n'est pas nécessaire si l'étape n°1 ne révèle pas de champ électromagnétique significatif comme dans l'exemple donné à la fin du post précédent.
      La configuration de test est celle de la mesure de L'atténuation de l'installation terminale du paragraphe 1) ci-dessus. Ici une attention particulière doit être portée à la réalisation du raccordement du modem aux fils nus d'arrivée de la ligne.
      Les besoins pour le test :
      Un cordon de raccordement du modem aux fils nus d'arrivée de la ligne comme pour la mesure de L'atténuation de l'installation terminale du paragraphe 1) ci-dessus.
      Ici le cordon ne doit pas être un ramasse bruit :
      • Il doit avoir une longueur la plus faible possible compte tenu de la configuration de test.
      • Il doit être constitué au minimum d'une paire torsadée de type UTP (Unshielded Twisted Pair). FTP et STP conviennent aussi, c'est le T pour Twisted ou torsadé qui compte.
      • Le dispositif de raccordement doit être le plus petit possible et il ne doit nécessiter de défaire les torsades de la paire que sur une longueur la plus faible possible.
      Une recommandation :
      Le test va se dérouler en plusieurs phases. Enchaîner les phases l'une après l'autre dans un intervalle de temps le plus court possible. Il faut écarter le risque de modification des champs électromagnétiques qui nous intéressent durant le test.
      La procédure :
      • le modem étant raccordé comme d'habitude, faire une interruption de la connexion adsl (en retirant quelques instants -5 secondes- le cordon de la prise téléphonique) pour réinitialiser le débit le cas échéant.
      • quand la connexion est rétablie (voyant adsl fixe ou affichage de l'heure pour les freebox) lire le débit D1, la marge M1 et l'atténuation A1 de la voie descendante.
      • déplacer le modem et le raccorder aux fils nus d'arrivée de la ligne.
      • quand la connexion est rétablie (voyant adsl fixe ou affichage de l'heure pour les freebox) lire le débit D2, la marge M2 et l'atténuation A2 de la voie descendante.
      • valider le test.
      • dépouiller le test.
      La validation consiste à comparer A1 et A2. Si Ai=A2-A1 est égal à Ai obtenu lors de la mesure de L'atténuation de l'installation terminale du paragraphe 1) ci-dessus, alors le test est validé.
      Le dépouillement :
      Pour le dépouillement il faut considérer 3 cas :
      • Le débit D2 = D1 (débit contractuel fixe ou débit au maximum du débit possible). Alors c'est la marge le paramètre qui va permettre de décider. Si Mi=M2-M1 est approximativement égal à Ai, alors la contribution de l'installation terminale est négligeable. Elle ne l'est dans le cas contraire.
      • La marge M1 = M2 = La marge initiale (elle dépend du FAI). Alors c'est le débit le paramètre qui va permettre de décider. Si Di=D2-D1 reste inférieur à 500kb/s alors la contribution de l'installation terminale est négligeable. Elle ne l'est dans le cas contraire.
      • La marge et le débit ont augmenté. Si Mi ou Di est supérieur à Ai ou à 500kb/s la réponse est la même que dans le cas 1 ou 2. Si ni Mi ni Di ne sont supérieurs à Ai ou 500kb/s alors le test est ambigu.
      Si ce test conclut que la contribution de l'installation terminale n'est pas négligeable, alors il vous appartient de décider s'il y a lieu d'entreprendre des modifications de celle-ci.
      Si vous décidez de vous y coller, je vous conseille deux approches possibles dans le ici, paragraphe 2) selon que vous ayez ou non de la téléphonie FT.
  3. Identifier la source de perturbation :
    Les techniciens en charge de la CEM (Compatibilité ElectroMagnétique) appliquent une règle simple : agir sur la source de perturbation plutôt que barder de protection le circuit (ou dispositif) perturbé.
    Cette règle de bon sens est applicable pour nous.
    Pratiquement cela se traduit par : localiser et identifier la source d'un champ électromagnétique perturbateur de la connexion adsl dans l'environnement de l'installation terminale abonné.
    La source est toujours un équipement électrique ou électronique en fonctionnement. Aucun équipement électrique ou électronique n'a légalement le droit d'émettre un champ électromagnétique qui couvre la bande de fréquence de l'adsl avec un niveau suffisant pour perturber une connexion adsl. Il y a des exceptions : les émetteurs de radiodiffusion dans les bandes grandes ondes et petites ondes.
    Mettre à l'arrêt tous les équipements électriques ou électroniques de la baraque est très simple à faire : il suffit de couper le courant en agissant sur le disjoncteur général.
    Si la coupure de l'alimentation générale de la baraque fait instantanément cesser la nuisance alors la source est dans la baraque. Cette première étape de la localisation se poursuit jusqu'à l'identification de l'équipement électrique ou électronique coupable. On procède par remise en route progressive des équipements électriques ou électroniques. Si on maîtrise bien l'installation électrique de la baraque on peut remettre progressivement en route depuis le tableau électrique, ligne par ligne, jusqu'à ce que l'équipement électrique ou électronique fautif se manifeste à nouveau.
    Cet appareil est hors la loi ou en panne. Il faut le mettre à la casse ou le dépanner.
    Si on a un onduleur à sa disposition l'opération est très simple à faire :
    1. alimenter le modem et l'équipement d'accès à son interface (PC ou télé) à partir de l'onduleur,
    2. lire la marge down M1,
    3. couper l'alimentation générale de la baraque,
    4. lire la marge down M2,
    5. si M2 est plus grand que M1 alors il y a un (ou plusieurs) équipement(s) électrique(s) ou électronique(s) perturbateur(s) dans la baraque,
    6. on met sur arrêt tous les départs de ligne électrique du tableau électrique,
    7. on remet l'alimentation générale électrique en service,
    8. on remet une à une les lignes en service et pour chaque nouvelle ligne on lit la marge,
    9. toute diminution de la marge indique qu'au moins un équipement électrique ou électronique fautif est branché sur cette ligne,
    10. on passe de la ligne fautive aux équipement(s) électrique(s) ou électronique(s) alimentés par cette ligne en intervenant directement sur chacun d'entr'eux (arrêt/marche).
    Cette procédure peut-être mise en défaut lors de la remise en route des équipement(s) électrique(s) ou électronique(s). En effet l'équipement peut ne plus être en défaut dès sa remise en marche. Ce qui complique la tâche car il faut attendre une nouvelle manifestation du défaut pour aller plus loin.
    Si on n'a pas d'onduleur on opère depuis le tableau électrique en alimentant le modem et l'équipement d'accès à son interface (PC ou télé), seuls, sur une ligne bien identifiée et on coupe progressivement toutes les autres lignes. Les lignes alimentant au moins un équipement électrique ou électronique fautif font monter la marge à la coupure et baisser la marge à la remise en route.
    Ce test que j'appelle parfois test du silence radio ne marche évidemment que pour la baraque.
    J'ai décrit une méthode applicable à tout le voisinage dans les posts d'origine. Je ne la reprends pas ici car je ne l'ai jamais validée. Je ne renonce pas. Dès que les circonstances s'y prêteront j'essaierai de valider cette méthode et je ne manquerai pas, en cas de succès, de la rapporter ici.


Ce message a été modifié par loicier le 29/03/10 à 18:38


--------------------
loicier
Ecrit le : 12/02/10 à 23:45


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



Les interventions sur la connexion adsl
  1. L'atténuation de l'installation terminale est trop élevée :
    Le test de l'atténuation de votre installation terminale a montré qu'elle était supérieure à 1dB voire nettement plus.
    Si elle est égale à 1dB ou légèrement supérieure, vous souhaitez faire une investigation en profondeur. Si elle est carrément plus élevée vous voulez localiser un défaut.
    Il y a 4 défauts possibles sur votre installation terminale contribuant à une augmentation exagérée de l'atténuation :
    1. un des brins de la ligne est déconnecté ou cassé,
    2. un des contacts a une résistance anormalement élevée,
    3. il y a une perte d'isolement,
    4. il y a une charge indésirable sur la ligne.
    Dans les cas i) et ii) l'accroissement de l'atténuation sur la voie up est plus important que sur la voie down.
    Dans les cas iii) et iv) l'accroissement de l'atténuation sur la voie down est plus important que sur la voie up.
    Dans le cas i) la rupture peut avoir lieu n'importe où mais le plus souvent au niveau d'une borne d'une des prises téléphoniques.
    Dans le cas ii) on a un mauvais contact au niveau d'une borne d'une prise téléphonique avec une connexion desserrée ou un brin oxydé.
    Dans le cas iii) la perte d'isolement se produit au niveau d'une prise téléphonique à cause d'humidité, de salissure sur le support isolant ou de la détérioration de l'isolant. Elle peut aussi provenir de la détérioration de l'isolant des brins.
    Dans le cas iv) la charge indésirable, s'il est utile de la conserver, doit être isolée du support de la connexion adsl par un filtre (comme un poste téléphonique).
    Une approche technique de la recherche du défaut qui a fait ses preuve est une recherche par dichotomie. Elle consiste à couper la poire (ici l'installation terminale) en deux, puis encore en deux jusqu'à ce que le défaut soit localisé sur un tronçon le plus petit possible.
    En pratique on va schématiser l'installation terminale en situant chaque prise téléphonique l'une par rapport aux autres : la première (ou prise de tête d'installation), la seconde (elle est branchée à la première), la troisième ( elle est branchée à la seconde), …, la dernière (elle est branchée à l'avant dernière).
    Si l'installation ne répond pas à ce schéma (qui est le meilleur pour l'adsl) des prises à la queue leu leu, mais est faite en étoile : toutes les prises ont leur raccordement qui part d'un même point, la méthode dichotomique n'est pas applicable. Il faut tester chaque branche l'une après l'autre en n'en branchant qu'une à la fois.
    Si l'installation a un nombre impair de prises (1, 3, 5,...), la moitié est au niveau de la prise n° 1 ou 2 ou 3 ou …
    Si l'installation a un nombre pair de prises (2, 4, ...), la moitié n'est pas localisable au niveau d'une prise, on choisi arbitrairement la prise n°2 comme moitié.
    On fait la même mesure de l'atténuation que celle que l'on a faite au niveau de l'arrivée de la ligne (voir l'atténuation de l'installation terminale, paragraphe n°1) mais ici on branche le modem sur les fils nus d'arrivée de la prise amont. On a toujours en mémoire A2 l'atténuation mesurée sur les fils nus de la ligne. On appelle Ak l'atténuation mesurée au niveau de la prise Ak. On calcule un nouveau Aki=Ak-A2 et on fait le point :
    • si Aki est très inférieur au Ai de la première mesure, alors le défaut est localisé en aval, prise téléphonique n°k comprise,
    • si Aki est voisin de Ai alors le défaut est localisé sur le tronçon amont.
    On continue en s'intéressant au tronçon qui porte le défaut que l'on va encore couper en deux.
    On répète la même mesure en testant le tronçon le plus amont, branché à la ligne par l'intermédiaire de tronçons sains. Ce branchement est toujours possible sans modification de l'installation.
    De proche en proche on va cerner un tronçon qui ne peut plus être coupé en deux. Il reste à localiser le défaut : soit sur la prise, soit sur la portion de ligne. On lève l'indétermination en faisant une nouvelle mesure en branchant cette fois le modem sur la prise elle-même (cordon traditionnel) en la raccordant vers l'amont et évidemment pas vers l'aval.
    Si on localise le défaut au niveau d'une prise : s'il n'y a pas de charge indésirable (qui se manifeste par plus de 2 fils sur les bornes 1 et 3 de celle-ci, sauf si elle est la dernière de l'installation auquel cas il y a plus d'un seul fil sur ces mêmes bornes), on la change purement et simplement.
    Si on localise le défaut au niveau d'une portion de ligne on va considérer deux cas :
    • défaut du type accroissement de l'atténuation up plus élevé que l'accroissement down, alors le défaut est plutôt localisé au niveau des bornes de raccordement de la prise. Le défaut disparaîtra en rebranchant selon les règles de l'art. La coupure peut aussi être localisée sur la portion de câble : confirmer en faisant une mesure de continuité (avec un multimètre d'usage courant) des deux brins avant de remplacer la portion de câble.
    • défaut du type accroissement de l'atténuation down plus élevé que l'accroissement up, ce défaut implique le remplacement de cette portion de câble.
    Dans le cas d'un branchement des prises en étoile on traite chaque tronçon (indivisible) séparément jusqu'à ce que le tronçon en défaut soit identifié. Ici la prise de chaque tronçon est la dernière. Si plusieurs tronçons révèlent le défaut, suspecter le dispositif de raccordement lui-même (DTI, boîtier de raccordement, prise téléphonique de tête).
  2. L'installation terminale doit être modifiée :
    L'installation terminale baigne dans un champ électromagnétique perturbateur dont vous n'avez pas localisé la source. Dans ces conditions l'installation terminale handicape votre connexion adsl d'un quantité mesurée que vous jugez inacceptable.
    Il faut dans ce cas modifier l'installation terminale.
    Je ne préconise pas de refaire l'installation terminale. Il y a plus simple à faire. Je vais distinguer deux cas :
    1. vous n'avez pas d'abonnement pour le téléphone FT,
    2. vous avez un abonnement pour le téléphone FT.
    Dans le cas i) vous abandonnez complètement l'installation terminale existante. Vous créez une nouvelle liaison ligne téléphonique / modem.
    Dans le cas ii) vous utilisez l'installation terminale existante pour le téléphone FT seulement. Comme dans le cas i) vous créez une nouvelle liaison ligne téléphonique / modem. Comme le signal téléphone FT et le signal adsl transitent sur la même ligne, il faut séparer le circuit téléphonique (l'ancienne installation terminale) du circuit adsl (la nouvelle nouvelle liaison ligne téléphonique / modem). Cette séparation se fait avec un filtre maître.
    1. La nouvelle liaison ligne téléphonique / modem :
      C'est cette nouvelle liaison qui va vous faire gagner ce que l'installation terminale existante vous fait perdre.
      Elle doit avoir une longueur faible compte tenu de l'agencement de la baraque. Il faut réfléchir à un emplacement pour le modem qui minimise cette longueur sachant que ce que vous gagnez pour la nouvelle liaison vous le perdez pour les connexions sortantes du modem. Mais ces dernières supportent sans aucun problème une augmentation de longueur.
      Il faut aussi penser au passage de tous ces câbles, tant la nouvelle liaison ligne téléphonique / modem que les câbles venant du modem. Pour ces derniers le recours aux liaisons sans fil ou au CPL simplifie les choses.
      Pour le câble de la nouvelle liaison ligne téléphonique / modem il faut impérativement choisir un câble de technologie UPT (voir ici). Voir aussi le paragraphe 2), ici consacré au blindage.
      Une seule paire suffit et c'est préférable si vous trouvez un tel câble. Il doit avoir deux autres caractéristiques indispensables :
      • il a une impédance caractéristique de 100Ω (ohms) comme par exemple deux des câbles de cette page. Demander cette impédance au vendeur si le descriptif ne la donne pas.Un câble de catégorie 5 et plus n'est pas nécessaire. Si vous avez le choix la catégorie à partir de 3 convient.
      • ses dimensions sont compatibles avec le connecteur RJ11.
      Cette nouvelle liaison ligne téléphonique / modem est réalisée en un seul tronçon, donc sans connecteur intermédiaire.
      Coté modem vous faites poser un connecteur RJ11 qui se branchera sur le modem. Vous pouvez choisir un câble tout fait de caractéristique et longueur ad hoc dont vous supprimerez un connecteur, si nécessaire.
      Coté ligne préférer une raccordement sans connecteur. Mais cela dépend du dispositif dans lequel arrive la ligne. DTI et boîtier de raccordement : brancher la nouvelle ligne à la place de l'installation terminale existante. Prise téléphonique de tête : vous pouvez la remplacer par une prise téléphonique moderne avec un connecteur RJ11 femelle (dans ce cas un cordon standard de longueur adéquate convient).
      Vous pouvez choisir de faire le raccordement avec une brasure ou un connecteur rapide comme celui de la figure 1.
      Lors de la réalisation du raccordement il faut minimiser les longueurs sur lesquelles vous aller devoir défaire les torsades des câbles de chaque coté.
      Dans tous les cas il faut soigneusement ranger les câbles inutilisés. Isoler les extrémités en coupant, si nécessaire, les parties dénudées. Les replier, voire les ficeler et les ranger le plus loin possible des câbles utilisés.
    2. Le filtre de séparation :
      Ce filtre n'est nécessaire que si vous utilisez l'installation terminale existante pour le transport du signal téléphonique FT.
      C'est un filtre maître comme celui-ci. Il doit être directement raccordé sur les fils nus de la ligne (bornes LINE). L'installation terminale existante se branche sur les bornes PHONE. La sortie pour l'adsl est un connecteur RJ11 ce qui veut dire qu'un cordon tout fait de caractéristique et longueur ad hoc convient.
      Les même remarques sur le rangement des câbles inutilisés ainsi que le respect des torsades que ci-dessus s'applique aussi.
    Après les modifications de votre installation il faut valider vos modifications. Cela consiste à faire subir à celle-ci le test du bruit de l'installation terminale, étape n°2, voir ici, paragraphe 2).


Ce message a été modifié par loicier le 29/03/10 à 22:14


--------------------
loicier
Ecrit le : 13/02/10 à 14:30


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



Les configurations de test et les outillages.
  1. Le raccordement direct du modem aux fils nus de la ligne et son outillage :
    Ce besoin a été rencontré pour :
    1. la mesure de l'atténuation de l'installation terminale, voir ici, paragraphe 1).
    2. la mesure du bruit de l'installation terminale, voir ici, paragraphe 2).
    Cette configuration de test implique que l'on sache où arrive la ligne dans la maison ou l'appartement (la baraque quoi !). Cela peut être dans un DTI (Dispositif de Terminaison Intérieur, se reporter au site de vieuxgeo pour en savoir plus), un boitier de raccordement intérieur contenant un bornier (ou réglette) de raccordement ou encore une simple prise téléphonique dite prise de tête d'installation. Cela peut en être une (prise de tête) pour trouver ce dispositif qui est la frontière des responsabilités respectives de FT et du propriétaire de la baraque. Il n'y a pas de règle simple pour trouver cette frontière car chaque cas ou presque est un cas particulier. Se souvenir que la ligne arrive de l'extérieur, donc tout câble électrique (le câble téléphonique en fait partie) entrant peut mener à un dispositif comme celui que l'on veux identifier.
    A l'intérieur du dispositif d'arrivée de la ligne il faut identifier le câble contenant la ligne elle-même et plus particulièrement la paire de brins constituant celle-ci. En général cette paire respecte le code des couleurs gris et blanc et est raccordée aux bornes 1 et 3. Mais ce n'est pas toujours vérifié.
    Enfin il y a plusieurs paires respectant le code des couleurs qui sont raccordées aux bornes 1 et 3.
    Tout ceci n'effarouche pas le bricoleur aguerri mais je comprends qu'un néophyte soit affolé …
    Une bonne nouvelle : seule la paire constitutive de la ligne permet au modem qui lui est raccordé de réaliser une connexion adsl (voyant adsl fixe ou affichage de l'heure pour les freebox).
    Il est impératif de faire cette identification de la paire constitutive de la ligne avant de commencer la procédure de test.
    Les besoins pour le test :
    1. un cordon de raccordement du modem aux fils nus de la ligne. Ce cordon est important, surtout pour le cas ii) ci-dessus. Un paragraphe lui est consacré ci-dessous.
    2. un équipement d'accès à l'interface du modem : PC (préférer un portable si vous en disposer), boîtier HD et téléviseur pour les freebox. Ici c'est le modem qui doit-être au plus prés du dispositif dans lequel arrive la ligne. Si des cordons doivent être longs ce sont donc les cordons numériques (ethernet) qui doivent l'être. Préférer les connexions sans fils ou CPL si ça passe.
    3. Une source d'alimentation électrique et une rallonge électrique si nécessaire car la rallonge peut être longue, pas le cordon de raccordement du modem aux fils nus de la ligne.
    4. Un tournevis et autre outillage nécessaire.
    Le cordon de raccordement du modem aux fils nus de la ligne :
    Il doit être court. Sa longueur est celle qui permet de poser le modem au plus près de dispositif d'arrivée de la ligne.
    Pour réaliser ce cordon le plus simple est de sacrifier un cordon existant dans lequel on coupe la longueur nécessaire à partir du connecteur RJ11 qui se connecte au modem.
    Dénuder les fils du milieu (rouge et vert en principe) en vue de les brancher sur un domino 2 points. Les fils rouge et vert doivent être le plus court possible compatible avec les dimensions du domino. Il s'agit des extrémités rouge et verte en dehors de la gaine du cordon.
    Pour le domino prendre un deux points. Le plus petit que vous aurez conviendra.
    Quel type de cordon ?
    Pour la mesure de l'atténuation de l'installation terminale, tout cordon conviendra.
    Pour la mesure du bruit de l'installation terminale, étape n°2, il faut impérativement, à minima, un cordon de technologie UTP (Unshielded Twisted Pair). FTP et STP conviennent aussi, c'est le T pour Twisted ou torsadé qui compte. Voir aussi le paragraphe 2) ci-dessous.
    Une fois réalisé, conserver ce cordon, il vous resservira …
    Voici la photo de mon cordon. Pour mesure de l'atténuation seulement ici.
    user posted image
    Les fils nus de la ligne se branchent sur les bornes du domino coté non utilisé ici. Il n'y a pas de sens particulier à respecter.
    Quand tout est prêt, faire un test de confirmation que vous êtes en mesure de lire les données pour le test que vous aurez à faire avant de faire le test lui-même.
  2. Le blindage de l'outillage de raccordement direct du modem aux fils nus de la ligne :
    Je consacre un paragraphe au blindage car certains d'entre vous vont me demander pourquoi je préconise des câbles de technologie UTP plutôt que FTP ou STP. La différence porte sur la présence d'un blindage dans les 2 dernières technologies.
    Une première mise au point : si vous trouvez un câble de technologie FTP ou STP qui convienne techniquement à votre besoin et dont le prix est acceptable pour vous, alors n'hésitez pas …
    Il se peut que vous ne trouviez pas facilement de câble de technologie UTP car les vendeurs favorisent souvent des technologies plus chères.
    Le blindage protège le câble car il atténue les effets du champ électromagnétique environnant. Au fur et à mesure de la pénétration dans le blindage à partir de la surface externe, les effets du champ électromagnétique environnant s'atténuent. Une grandeur caractérise cette atténuation, on l'appelle la profondeur de pénétration δ qui dépend du métal constituant le blindage et de la fréquence. Pour une profondeur égale à δ, l'atténuation est de 8,7dB. On ajoute 8,7dB pour toute nouvelle profondeur égale à δ et ainsi de suite.
    Pour l'adsl (voie descendante) la bande de fréquence va de 142kHz à 2208kHz, les profondeurs de pénétration correspondantes sont respectivement 175µm et 44µm (micron mètre ou 1/1000mm). On est donc en mesure, pour une épaisseur de blindage donnée, de calculer l'atténuation correspondante.
    Les constructeurs ne donnent pas en général l'épaisseur du blindage de leur câble. En faisant une hypothèse de 100µm (0,1mm) on trouve une atténuation totale de 5dB en bas de la bande adsl (142kHz) et 20dB en haut de celle-ci (2208kHz). Vous comprenez pourquoi le blindage a un intérêt limité en adsl.
    Il m'est arrivé de préconiser l'utilisation du blindage comme « garde active ». C'est une technique largement utilisée dans les domaines de basse fréquence. Elle consiste ici à mettre le blindage à un potentiel défini. Choisir celui de la terre me paraît, à priori, opportun. Je n'en dirais pas plus car je n'ai jamais essayé cette technique pour l'adsl. Si un jour je l'essaie je vous dirais si elle renforce la faible action du blindage dans le domaine adsl.


Ce message a été modifié par loicier le 30/03/10 à 09:03


--------------------
loicier
Ecrit le : 14/02/10 à 15:29


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



Le suivi de la connexion adsl

Suivre sa connexion adsl suppose que l'on est capable de comparer les performances du moment avec celles d'un moment antérieur. Cela implique d'abord de conserver l'ensemble des paramètres caractéristiques de la connexion adsl noté à un moment donné puis de comparer les performances de l'instant à celles qui sont conservées ou enregistrés.
  1. L'enregistrement :
    Le plus simple est d'enregistrer sur le PC la page donnant les performances caractéristiques sur l'interface du modem. Voir par exemple la page Statistiques – ADSL que propose un de mes modems.
    Tous les modems ne donnent pas autant d'information (c'est le cas de la freebox) et tous les paramètres de l'exemple ci-dessus ne sont pas nécessaires pour faire un suivi efficace. Nous allons nous contenter de noter (et enregistrer d'une manière ou d'une autre) quelques paramètres synthétiques représentatifs des performances et de la qualité de la connexion adsl. Voici quatre paramètres (chaque paramètre est doublé car il y a une voie montante et une voie descendante) permettant de faire un suivi efficace :
    1. Les atténuations :
      L'atténuation du signal adsl montant et l'atténuation du signal adsl descendant déterminent la perte de puissance de chacun de ces signaux depuis un point intérieur au modem émetteur jusqu'à un point intérieur au modem récepteur. On appelle ce segment le canal de transmission. Cette perte de puissance n'exprime donc pas uniquement celle due au parcours du signal sur la ligne téléphonique, ce qui explique en partie des écarts par rapport à des valeurs d'atténuation calculées avec un modèle des lignes téléphoniques employées par FT.
      Dans l'exemple ci-dessus les valeurs d'atténuations sont données par la ligne : Attenuation (dB): 28.0 14.4 pour respectivement Downstream (le signal -flux- descendant) et Upstream (le signal -flux- montant).
      Ce paramètre est fondamental car c'est lui qui signale toute atteinte physique du support de transmission tant dans sa continuité électrique que dans son isolation électrique.
    2. Les couples débit - marge :
      Les performances maximum d'une connexion adsl sont déterminées par le rapport de deux grandeurs qui sont la puissance du signal adsl reçu et la puissance du bruit (tous les autres signaux) présent en même temps que le signal utile dans le canal de transmission. Ce rapport est souvent désigné sous l'acronyme SNR (Signal to Noise Ratio).
      La puissance du signal reçu dépend bien sur de celle du signal émis (Output Power (dBm) dans l'exemple ci-dessus) et de l'atténuation vue au paragraphe i) qui est un paramètre totalement indépendant d'autres grandeurs.
      Il serait intéressant d'avoir, pour la puissance du bruit présent en même temps que le signal utile adsl, une grandeur indépendante exprimant cette puissance de bruit, mais aucun modem ni aucun FAI ne donne une telle valeur. L'UIT (l'Union Internationale des Télécommunications) est sans doute à l'origine de ce manque puisqu'elle n'en définit pas dans ses recommandations sur l'adsl, les fameuses G992.1/3/5. Cela est sans doute aussi dû à la complexité du bruit qui se manifeste de façons diverses sur la connexion adsl. Bien que l'on sache définir et mesurer la puissance du bruit qui détermine le débit maximum d'un connexion adsl.
      De même pour le SNR, il n'y a pas de paramètre synthétique, caractérisant la connexion adsl toute entière. Le notion de SNR n'apparaît qu'au niveau de chaque tonalité ou porteuse dans les recommandations de l'UIT. On sait pourtant définir un SNR moyen (average SNR) au niveau de chaque voie de la connexion adsl. Mais aucun FAI ou modem ne donne cette grandeur.
      Il nous faut donc nous rabattre sur d'autres paramètres pour caractériser les performances de la connexion adsl dans son environnement.
      C'est aux couples débit -marge que sont dévolus ce rôle :
      1. Les débits :
        Il y a plusieurs types de débit en adsl. Dans l'exemple ci-dessus il y en a deux : Attainable Rate (kbps) et Rate (kbps). La recommandation G992.3/5 (adsl2 et adsl2+) en définit cinq.
        On va s'intéresser à 3 de ces débits seulement plus un quatrième :
        • Le débit en ligne :
          C'est le débit généré par la trame adsl complète qui comprend : les données utiles et les données d'encapsulation de celles-ci exigées par tous les protocoles de transmission utilisés : le protocole ATM utilisé sur le réseau numérique (en amont de la connexion adsl) et le procédé adsl lui-même. Il est égal à la longueur de la trame adsl (en nombre de bit) multiplié par la fréquence de répétition de la trame adsl (soit environ 4000 fois par seconde)
        • ATTNDR (Attainable Net Data Rate) :
          C'est le Attainable Rate (kbps) de l'exemple ci-dessus. Il est parfois égal au débit en ligne, cela dépend du mode (showtime, diagnostic, ….) des modems et de la structure de la trame adsl. Il définit le débit de donnée maximum que le modem récepteur aura à prendre en compte.
        • Débit de données binaires net :
          C'est le Rate (kbps) de l'exemple ci-dessus. Il est aussi connu sous le nom de Débit ATM. Ici les donnés sont encapsulées selon le protocole ATM qui est celui utilisé en amont de la connexion adsl.
          On n'a pas en général le débit de données binaires net égal au débit du processus ATM amont. Les deux procédés ont des débits à priori différents. Le débit global est celui du procédé le plus lent qui n'est pas toujours la connexion adsl. La connexion adsl qui a un débit de données binaires net constant (à conditions égales) s'adapte à l'amont en transportant des cellules ATM vides si nécessaire.
        • Débit utile :
          C'est le débit de données utiles que vous mesurez vous-même lors d'un gros téléchargement ou avec la grenouille. Il est au maximum égal à 85% du débit de données binaire Net.
          Certains modems donnent ce débit, mais cela reste souvent ambigu, sur leur interface.
        Pour le suivi il faut choisir un seul débit pour chaque voie, et toujours le même. Celui qui me semble le mieux à même de caractériser la connexion adsl en toute indépendance c'est le débit de données binaires net ou débit ATM.
        Avec une connexion adsl qui a un débit adsl égal au maximum de celui permis par le canal de transmission, c'est le débit qui est le paramètre représentatif des performances de la connexion adsl.
        C'est le cas des voies descendantes des connexions utilisant le procédé adsl2+. Mais ce n'est pas souvent le cas des voies montantes correspondantes dont le débit est limité a une valeur inférieure à ce que pourrait permettre le canal.
        La marge joue certes un rôle mais il est moins prépondérant.
      2. Les marges :
        Il s'agit de la marge (ou du surplus) concernant le SNR de chaque tonalité ou porteuse utilisée par la connexion adsl. Autrement dit le SNR de chaque tonalité est supérieur d'une certaine quantité au SNR dont elle a strictement besoin pour respecter les spécifications de transport des données.
        Dans l'exemple ci-dessus la marge est donnée par la ligne : SNR Margin (dB): 6.4 11.6.
        Il y a souvent une confusion à propos de la marge. La marge est une donnée qui est calculée en temps réel. Elle exprime donc à tout moment le surplus de SNR qu'il y a dans le canal de transmission compte tenu du débit établi et du SNR recalculé. Par exemple si le débit en place exige un SNR de 11dB pour tenir les spécifications de l'adsl et si le SNR calculé est de 19db alors la marge est de 8dB.
        En pratique la connexion adsl ne fonctionne jamais avec une marge nulle. Elle choisit une marge suffisante pour faire face aux variations des conditions sur la ligne. Cet objectif est atteint en fixant à la marge une valeur cible que les recommandations de l'UIT appellent TARSNRM (TARget Signal To Noise Ratio Margin). Cette valeur dépend du modem et/ou du FAI. Le modem utilise TARSNRM lors du calcul du débit s'il est amené à le calculer pour s'adapter aux conditions du canal.
        Pour une connexion adsl qui fonctionne avec un débit égal au maximum permis par le canal et dont les conditions bougent peu dans le temps, la marge reste voisine de TARSNRM.
        Avec une connexion adsl dont le débit est fixé par contrat ou par les limites du procédé adsl utilisé et qui n'atteint donc pas le maximum possible dans le canal, c'est la marge qui est représentative des performances de la connexion adsl.
        La marge reste par excellence le paramètre indicateur de la qualité de la connexion adsl.
        Pour une ligne à débit fixé, plus la marge est élevée, meilleur est le canal de transmission
        Pour une ligne à débit au maximum des possibilités du canal, plus la marge est constante, meilleur est le canal de transmission.
    3. Les erreurs de transmission :
      On a vu plus haut que la marge est un bon indicateur de qualité de la connexion adsl. Cet indicateur peut ne pas suffire. Cela est dû au bruit qui perturbe les connexions adsl.
      Pour faire simple on peu dire qu'il y a deux sortes de bruit :
      • Un bruit que le modem peut mesurer tant sa puissance que la répartition de celle-ci dans tout le domaine de fréquence de l'adsl. Pour être mesurable, ce bruit doit avoir des caractéristiques qui ne bougent pas dans le temps ou pas trop vite. On dit d'un tel bruit qu'il est stationnaire ou quasi-stationnaire. C'est le bruit stationnaire qui est pris en compte par le modem et qui contribue à la détermination du débit et/ou de la marge
      • Un bruit que le modem subit et qui se manifeste par des erreurs de transmission en nombre bien supérieur à celui qui découle du taux d'erreur de bit objectif de la connexion adsl. Ce bruit est par exemple le bruit impulsif. Comme son nom l'indique il a une durée faible qui ne permet pas au modem de le mesurer. Ce sont des bruits d'origine électrique industrielle ou domestique. Les orages produisent aussi des bruits impulsifs.
        Suivant l'énergie qu'ils contiennent les bruits impulsifs créent des erreurs de transmission sur le segment adsl pour les moins énergétiques, des pertes de connexion adsl voire la destruction des circuits d'entrée du modem pour les plus énergétiques.
      Les erreurs de transmission sont comptabilisées, non pas en tant que telles, par le modem récepteur.
      Le procédé de transmission adsl met en place plusieurs dispositifs qui permettent de détecter les erreurs de transmission au niveau du bit ou au niveau de la trame adsl. On va s'intéresser au dispositif de détection et de correction des erreurs au niveau du bit. Celui-ci porte le nom de FEC (Forward Error Correction). Il met en oeuvre un processus de détection et de correction des erreurs qui porte le nom de RS (Reed Solomon, du nom de leur inventeur). Les erreurs de transmission détectées et corrigées (le procédé RS ne permet pas de les corriger toutes) agissent sur un compteur appelé FEC ou RS suivant les modems selon une méthode qui varie avec le procédé adsl.
      Dans l'exemple ci-dessus, le modem désigne ces compteurs sous le nom de RS Correctable Errors et RS Uncorrectable Errors.
      L'indicateur de qualité que l'on va mettre en place va reposer sur ces compteurs de FEC ou RS. Comme ces compteurs ont leur contenu qui augmente toujours par nature, l'indicateur de qualité va correspondre au taux de croissance dans le temps de ces compteurs. Le contenu du compteur augmente de façon imprévisible et désordonnée. Pour que le taux de croissance soit suffisamment lissé il faut le calculer sur une période assez longue : au moins 24 heures.
      Le calcul de l'indicateur est simple :
      • A l'instant T1 on relève les compteurs FEC ou RS de chaque voie. S'il y a deux compteurs comme dans l'exemple ci-dessus on note la somme des deux. Soit RS1.
      • A l'instant T2 > T1 + 24 on relève RS2.
      • On calcule D = T2 – T1 que l'on convertit en secondes.
      • On calcule Δ =RS2 – RS1
      • Le taux d'accroissement, indicateur de qualité de la connexion adsl, est égal à Δ/D en nombre par seconde.
      Pour un indicateur inférieur ou égal à 1 on considère que la connexion est bonne. Mais ce qui importe le plus c'est l'évolution de cet indicateur : s'il passe par exemple de 1 à 10 alors il s'est produit un événement qui affecte la connexion adsl.
      On peut imaginer d'autres indicateurs, mais celui-ci a le mérite de pouvoir être mis en oeuvre par presque tous les modems
  2. Le suivi:
    Suivre sa connexion adsl c'est périodiquement comparer les paramètres qui font précisément l'objet d'un suivi avec les paramètres précédemment enregistrés.
    Cette comparaison peut aussi être utile si on constate un fonctionnement inhabituel de la connexion adsl. Par exemple une perte de connexion. Je n'ai pas proposé dans le paragraphe ci-dessus de comptabiliser les pertes de connexion, bien que ce soit un paramètre pertinent, car tous les modems ne les enregistrent pas. Rappel : une perte de connexion est le passage de la connexion adsl dans un autre état que l'état « showtime » qui est l'état ou les transferts de données dans les deux sens sont possibles.
    Lors d'une vérification périodique ou d'une vérification consécutive à un fonctionnement inhabituel, le premier paramètre à comparer est l'atténuation (l'atténuation montante et descendante). On compare ensuite le couple débit-marge puis le taux d'accroissement du compteur RS ou FEC.
    1. L'atténuation :
      L'atténuation dépend du support physique de la connexion adsl et de la bande de fréquence utilisée sur ce support. Si cette bande de fréquence varie on peut donc avoir une variation de l'atténuation. Ceci se passe quand il y a une variation de débit avec une variation du nombre de tonalités utilisées. Les variations de débit sans variation du nombre de tonalité, donc avec seulement le nombre de bits transportés par tonalité, n'entraînent pas de variation d'atténuation. Les variations d'atténuation liées aux variations de débit restent de faible amplitude : inférieures à 5dB
      Quand on a donc une variation limitée d'atténuation associée à une variation de débit dans le même sens (diminution ou augmentation simultanée des 2 paramètres), elle ne traduit pas une anomalie physique du support. Mais la variation de débit peut-être, elle, une anomalie.
      Quand on a une augmentation d'atténuation associée à une diminution de débit ou de marge, elle traduit une anomalie physique du support. Les causes de cette augmentation de l'atténuation sont les mêmes que celles vues pour la seule installation terminale ici, à savoir :
      1. un des brins de la ligne est déconnecté ou cassé,
      2. un des contacts a une résistance anormalement élevée,
      3. il y a une perte d'isolement ou une dégradation des propriétés diélectriques de l'isolant
      4. il y a une charge indésirable sur la ligne.
      Dans le cas a) l'accroissement de l'atténuation sur la voie up est plus important que sur la voie down. Cet accroissement est en général important et soudain
      Dans le cas b (cool.gif ?) l'accroissement de l'atténuation sur la voie up est aussi plus important que sur la voie down. Cet accroissement est en général faible et progressif.
      Dans le cas c) l'accroissement de l'atténuation sur la voie down est plus important que sur la voie up. Il est en général brutal dans le cas d'une perte d'isolement lié à l'humidité. Il est progressif dans le cas de détérioration lente des isolants.
      Dans le cas d) on peut avoir comme dans le cas c) l'accroissement de l'atténuation sur la voie down plus important que sur la voie up. Mais on peut aussi avoir un accroissement égal sur les deux voies ce qui traduit une perte due à une désadaptation de la ligne de transmission. Ces variations sont souvent brutales et traduisent une intervention humaine sur le support.
      La première chose à faire est le relevé de l'atténuation de l'installation terminale (voir ici, paragraphe 1) :
      • Si l'anomalie se retrouve avec le modem directement branché sur les fils nus d'arrivée de la ligne, alors l'installation terminale est hors de cause. Vous n'avez plus d'autre recours que de signaler l'anomalie d'atténuation à votre FAI.
      • Si l'anomalie disparaît avec le modem directement branché sur les fils nus d'arrivée de la ligne, alors l'installation terminale est en cause. Il vous appartient d'y remédier (voir ici, paragraphe 1).
      Rappel :
      Les atténuations doivent toujours respecter les inégalité suivantes :
      atténuation up < affaiblissement (1)
      atténuation down - affaiblissement < 15dB[/s] (2)
      Ici le signe < signifie plus petit que.
      L'affaiblissement est un paramètre représentatif de la ligne que calculent certains sites comme degrouptest et d'autres. C'est l'atténuation d'un signal pur de fréquence 300kHz. Il est désigné par degrouptest sous le nom d'affaiblissement théorique car il est calculé.
      Si une seule des inégalités (1) ou (2) n'est pas vérifiée, alors il y a une anomalie d'atténuation. Celle-ci est une anomalie du support de transmission qui inclut les câbles de raccordement au NRA, la ligne téléphonique et l'installation terminale.
      Il n'est pas possible, dans le cas général, de proposer une relation plus stricte que la relation (2).
    2. le couple débit – marge :
      Le second paramètre à vérifier, après l'atténuation, est le couple débit – marge. Si l'atténuation est correcte les valeurs de ce couple ne dépendent que du bruit présent sur le support de transmission en même temps que les signaux adsl, avec les limitations qui peuvent être imposées au débit par contrat ou par les procédés adsl utilisés.
      Ce qu'il faut bien comprendre avec ce couple débit – marge, c'est qu'en cas d'augmentation du bruit sur la ligne, c'est la marge qui diminue d'abord. Cette diminution a une limite qui est, en principe, zéro. A ce moment un nouveau débit est calculé avec la marge cible (TARSNRM) : le débit baisse et la marge remonte à TARSNRM. Ce processus peut se poursuivre plusieurs fois. Il est possible aussi que la perte de connexion se produise avant que la marge atteigne la limite basse autorisée à cause d'un autre événement contre lequel la connexion adsl n'est plus protégée : un bruit impulsif par exemple.
      Ce scénario peut se produire quelque soit la connexion adsl. Mais il est clair qu'une connexion avec un débit limité contractuellement a une valeur faible, sur une ligne de bonne qualité, aura une marge très élevée (parfois supérieurs à 30dB). Dans ces conditions il est peu probable que la marge minimum soit atteinte. Il n'en demeure pas moins qu'un perte de 10dB sur une telle ligne est une atteinte sérieuse à sa qualité, même si l'abonné ne voit pas d'atteinte au contrat.
      Quand on constate une diminution de débit ou de marge, il est intéressant de faire un bilan sur une durée assez longue. Ce bilan consiste à noter les valeurs des débits (montant et descendant) et des marges (montante et descendante) afin de mettre en évidence les valeurs maximum et minimum obtenues sur la période d'observation. Il faut faire au minimum 3 relevés par jour (matin, début de soirée et fin de soirée). Plus de relevés par jour n'est pas inutile si cela est possible. Il faut faire ce relevé sur plusieurs jours. Deux jours est un minimum.
      Ces variations de débit et de marge peuvent s'accompagner de pertes de connexion comme vu plus haut. Les noter si le modem le permet.
      Avec ce bilan en sa possession il est intéressant de prendre position : "Est-ce que ces variations de débit et ou de marge sont acceptables pour moi ?" Il appartient donc à chaque utilisateur de prendre position compte tenu des valeurs précédemment obtenues car il est le seul à savoir si cela a, ou non, des conséquences sur l'usage qu'il fait de sa connexion. Ou pour d'autres considération.
      Si la réponse est que c'est inacceptable, avant de signaler à son FAI les variations notées, il faut approfondir. On peut distinguer 3 cas :
      1. seul le couple débit - marge de la voie descendante varie, alors il y a une forte probabilité d'avoir un brouilleur (ici un brouilleur est une source de champ électromagnétique qui couve la bande adsl) local (dans l'environnement de l'abonné),
      2. seul le couple débit - marge de la voie montante varie, alors il y a une forte probabilité d'avoir un brouilleur dans l'environnement du NRA,
      3. les couples débit - marge de la voie montante et de la voie descendante varient, alors il y a une forte probabilité que le brouilleur soit situé entre le NRA et l'abonné.
      Ces déductions reposent sur le fait qu'un brouilleur engendre d'autant plus de bruit qu'il est proche et que ce bruit est d'autant plus gênant que le signal adsl est faible. Le signal adsl descendant est le plus faible coté abonné. Le signal adsl montant est le plus faible coté NRA.
      Les actions possibles dans les 3 cas ci-dessus peuvent être :
      1. C'est le cas où l'abonné peut parfois apporter un remède. Faire les opérations suivantes :
        • Confirmer la présence d'un brouilleur local. C'est la manip,suivante, paragraphe 2, étape ii). Si dans les conditions de la manip on retrouve le couple débit - marge de la voie descendante dégradé, alors il n'y a pas de brouilleur local. Dans le cas contraire il y a un brouilleur local. Faire la manip suivante.
        • Vérifier que le brouilleur n'est pas chez vous. C'est la manip, suivante, paragraphe 3
        • Si le brouilleur n'habite pas chez vous, je n'ai pas de manip opérationnelle à proposer. Je ne désespère pas de pouvoir le faire, mais il faut que je la teste avant toute chose.
        • Si aucun remède ne peut être apporté par l'abonné, alors signaler la situation comme indiqué plus loin.
      2. Vous ne pouvez rien faire vous même. Sauf signaler la situation comme indiqué plus loin.
        Nota : le cas de la voie montante d'une ligne adsl perturbée par une autre ligne transportant un signal RNIS va avoir les symptôme de ce cas bien qu'il appartienne au cas c).
      3. Vous ne pouvez encore rien faire vous même. Le FAI ne peut rien faire lui-même car cela se passe sur les terres de FT. Il est même fort possible que dans ce cas le brouilleur soit une autre ligne adsl voisine de la vôtre avec laquelle elle échange une fraction de leurs signaux adsl plus importante que celle de la diaphonie classique. Signaler la situation comme indiqué plus loin.
      Quand un brouilleur local perturbe votre connexion adsl, le FAI n'est pas responsable. Le responsable est son propriétaire ou son utilisateur. Il n'existe aucun organisme dans notre beau pays qui se soucie des brouilleurs qui vérolent les connexions adsl : vous pouvez signaler l'existence d'un tel brouilleur à l'ARCEP mais, à ma connaissance, elle ne fait rien (j'espère être contredit). Si vous avez identifié le brouilleur vous pouvez aussi le signaler à la DGCCRF. J'ai eu confirmation par courrier électronique, il y a quelque temps, que la DGCCRF intervenait dans ce cas précis, mais je n'ai pas d'exemple.
      Dans les 3 cas ci-dessus, quand aucune amélioration n'a été trouvée, il faut signaler l'anomalie au FAI et éventuellement le mettre en demeure d'y remédier (mais je suis incompétent en matière juridique). Vous pouvez aussi la signaler à l'ARCEP. Il faut donner toutes les indications techniques en votre possession : l'étendue de la variation du débit et de la marge, sur quelle(s) voie(s), le nombre des déconnexions, si vous les avez, sur une période déterminée et ce que vous avez fait (par exemple mis hors de cause l'installation terminale et l'environnement local).
    3. Le taux de croissance RS (ou FEC) :
      Le troisième paramètre à vérifier, après l'atténuation et le couple débit – marge, est le taux de croissance RS (ou FEC). J'insiste, inutile de s'en préoccuper tant que les 2 autres paramètres sont en anomalie.
      On a vu précédemment que ce taux de croissance est une mesure des erreurs de transmission dans le canal de transmission adsl. Elle sont dues a du bruit qui est souvent de nature différente du bruit qui agit sur la marge (et éventuellement le débit) : le bruit impulsif.
      Alors pourquoi s'inquiéter des erreurs de transmission ? En effet celles-ci en adsl sont très souvent corrigées en temps réel (ie sans répétition de la trame adsl). C'est vérifiable avec beaucoup de modem, dans cet exemple c'est le cas. C'est ici encore une affaire d'appréciation personnelle : "mon taux de croissance RS a été multiplié par 10 mais 90% des erreurs sont corrigées, j'attends de voir comment ça évolue". Ma réponse personnelle est qu'il vaut mieux analysez un peu plus car il arrive que l'on puisse y remédier.
      Le bruit impulsif à l'origine des erreurs de transmission reste un bruit, ce qui veut dire que tout ce qui a été développé pour le couple débit – marge s'applique presque intégralement.
      Une différence importante va concerner la période d'observation. Au lieu de calculer le taux de croissance par seconde durant 24 heures il vaut mieux le faire sur la durée qui sépare 2 relevés. Exemple : si on fait un relevé le matin avant de partir travailler, à 07:29:44, un suivant à 12:21:33, un suivant à 19:10:54 et en un à 23:01:07 cela donne des durées respectives de :
      17 509s (04:51:49), 24 561s (06:49:21) et 13 813s (03:50:13) qui en divisant l'accroissement du compteur de RS pendant la même période va donner le taux cherché sur la période.
      Cette approche qui lisse moins efficacement le taux que sur la période de 24 heures (et va donc introduire une plus grande variabilité du taux calculé) peut mettre en évidence une période de la journée responsable à elle seule de l'augmentation du taux.
      Si cette période correspond à des heures travaillées on va penser à des travaux cause de cette augmentation.
      Si cela se passe en période de nuit on va penser à des équipements mis en route la nuit ….
      La suite de ce qui a été développé pour le couple débit – marge s'applique à condition de remplacer couple débit - marge par taux de croissance.
      Si seul le taux de croissance de la voie descendante est en cause on conclura à une forte probabilité de la présence d'un brouilleur (ici source de bruit impulsif) local. Le test du modem directement branché sur les fils nus d'arrivée de la ligne, en écartant toute l'installation terminale, (en utilisant le cordon adéquat) s'applique donc. On conclura à l'absence ou la présence d'un brouilleur local selon la diminution ou non du taux de croissance dans la situation de test. De même on testera si le brouilleur est hébergé dans la baraque avec le test du silence radio.
      Enfin on signale aux même organismes ce que l'on constate et ce que l'on a fait.


Ce message a été modifié par loicier le 08/03/10 à 15:46


--------------------
loicier
Ecrit le : 14/02/10 à 17:36


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



Les défauts de la connexion ads.

Voici quelques exemples de pannes rencontrées avec une connexion adsl.
  1. La panne du modem abonné.
    On a vu dans le premier post que la connexion adsl mettait en oeuvre 2 modems et un support de transmission. Comme tout matériel électronique un modem peut tomber en panne.
    Il est impossible de donner les multiples symptômes des pannes d'un des modems de la connexion adsl. En outre seul le modem de l'abonné est accessible.
    Le défaut peut-être transitoire (défaut logiciel ou défaut matériel intermittent) ou permanent (panne matériel) :
    1. Les défauts transitoires disparaissent grâce à un reboot du modem (faire un arrêt suivi d'une remise en route ou une remise à zéro si le modem en dispose). Ces défauts correspondent à des bugs du firmware (le logiciel ou microcode du modem), à des défauts matériels intermittents ou encore sont provoqués par une compatibilité électromagnétique insuffisante du modem. Si le firmware du modem est corrompu,le reboot ne suffit pas, il faut régénérer celui-ci. Se reporter à la documentation du modem pour cette opération.
    2. Les défauts permanents sont d'origine matérielle. Ils nécessitent le remplacement du modem
    La suite des opérations à faire quand un dysfonctionnement de la connexion adsl, quel qu'il soit, se manifeste, c'est de procéder dans l'ordre :
    • Au reboot du modem.
    • Si le défaut persiste, à la régénération du firmware.
    • Si le défaut persiste, au remplacement du modem.
    • Si le défaut persiste, le modem abonné n'est pas en cause.
    On ne dispose pas toujours d'un second modem, mais on peut s'en faire prêter un.
    Il vaut mieux que le modem de remplacement soit totalement compatible avec la connexion adsl testée. Mais ce n'est pas toujours nécessaire.
    Par exemple si on a une connexion adsl selon adsl2+ et si on a un vieux modem qui n'est capable de fonctionner qu'en GDMT (adsl1), le test, bien que partiel peut suffire.
    Un autre cas est celui d'une connexion qui exige un protocole qui ne correspond pas à la configuration du modem de remplacement. La connexion ne pourra pas être entièrement testée, mais encore cela peut suffire sans modifier la configuration du modem de remplacement.
    Pour illustrer les deux exemples ci-dessus, voici le cas d'un voyant DSL (ou adsl) du modem en place qui clignote toujours et interdit toute connexion. Si avec le modem de remplacement le voyant DSL devient fixe, même en l'absence d'une connexion établie totalement, la conclusion est que le modem en place est défectueux.
    Nota : pour les freebox le voyant adsl est remplacé par le chenillard. Chenillard lent = voyant DSL éteint. Chenillard rapide = voyant DSL clignottant. Rectangle (clignottant ou fixe) = voyant DSL allumé fixe.
    Un modem est souvent alimenté par un bloc séparé. Lui aussi est à tester, car si l'alimentation est incorrecte, le modem ne peut pas fonctionner correctement. Si le modem en place est déclaré défectueux il peut être opportun de faire la part des choses : modem ou bloc d'alimentation en panne ? Ce test se fait en remplaçant le bloc d'alimentation en place par un autre.
    Si on n'est pas technicien en électrotechnique ou en électronique ou si les notions de tension et d'intensité électriques ne sont pas familières, il ne faut pas s'aventurer. Il ne faut utiliser comme bloc de rechange que celui prescrit par le fournisseur du modem. En particulier ne par inter-changer les blocs d'alimentations de 2 modems s'il ne sont pas identiques : même fournisseur et même référence.
  2. Le défaut de perte de signal adsl.
    Ce défaut se manifeste par un voyant DSL éteint en permanence (chenillard lent pour les freebox). Il correspond à l'absence de tout signal adsl de puissance suffisante sur les bornes d'entrée du modem de l'abonné.
    Évidemment on ne peut visualiser que l'absence du signal adsl descendant. Mais si le signal descendant n'arrive pas jusqu'au modem abonné, il est probable que le signal montant n'arrive pas n'arrive pas au modem ATU-C.
    Les causes de cette absence de signal adsl ou de sa puissance très insuffisante peuvent être :
    • Le modem émetteur (ici ATU-C) est en panne.
    • Il y a une rupture du support de la connexion adsl. Dans ce cas les deux brins du support sont rompus car la rupture d'un seul brin se manifeste souvent autrement.
    • L'atténuation apportée par le support de la connexion est devenue trop importante.
    L'installation terminale de l'abonné est un tronçon du support de la connexion. A ce titre elle peut-être soupçonnée responsable. Il appartient donc à l'abonné de lever ou de confirmer le soupçon. Le test consiste à raccorder directement le modem aux fils nus de la ligne en écartant toute l'installation terminale, voir ici, paragraphe 1. Si dans les conditions de test le modem retrouve un fonctionnement adéquat, voyant DSL allumé fixe, alors le défaut est localisé sur l'installation terminale et en amont de celle-ci dans le cas contraire.
    Si le défaut est localisé sur l'installation terminale, il appartient à l'abonné d'y remédier. La méthode dichotomique décrite ici, praragraphe 1 s'applique. Ici il suffit à chaque étape de retrouver ou non un voyant DSL (et une connexion) vivant(e).
    Si le défaut est localisé en amont de l'installation terminale, il n'y a qu'un recours possible : la demande de remise en état de la connexion auprès de son fournisseur en signalant la perte de signal adsl (voyant DSL éteint en permanence).
  3. Le modem ne synchronise pas.
    Le symptôme : le voyant DSL clignote en permanence (chenillard rapide pour les freebox).
    Ce symptôme traduit la présence d'un signal adsl descendant noyé dans un bruit trop important. Le rapport des puissances respectives du signal adsl et du bruit (SNR), dans chaque bande élémentaire des tonalités de l'adsl, est trop faible. Aucune tonalité est éligible au transport de bits. Il en résulte qu'aucun signal adsl peut être émis. La connexion ne passe pas dans l'état showtime qui permet les échanges de données.
    Cet état de SNR insuffisant peut avoir 2 causes distinctes :
    • Le signal adsl reçu est devenu trop faible.
    • Le bruit ramassé par le support de la connexion est devenu trop fort.
    L'installation terminale abonnée peut-être impliquée surtout dans le cas d'un bruit trop fort issu d'un brouilleur (source de champ électromagnétique qui couvre la bande adsl) local.
    Si le signal adsl est trop affaibli par l'installation terminale, il en est de même, en principe, pour le bruit et le rapport de leur puissance n'est pas modifié. Néanmoins ce cas ne peut être complètement exclus.
    Comme pour le défaut n°2 ci-dessus on lève le soupçon d'implication de l'installation terminale grâce au test de raccordement direct du modem aux fils nus de la ligne en écartant toute l'installation terminale, voir ici, paragraphe 1. Dans ce cas il faut utiliser le cordon de raccordement spécifié pour la mesure du bruit, donc un cordon de technologie UTP (ou FTP / STP).
    Si dans les conditions du test le modem retrouve un fonctionnement adéquat, voyant DSL allumé fixe, alors le défaut est localisé sur l'installation terminale et en amont de celle-ci dans le cas contraire.
    Si le défaut est localisé en amont de l'installation terminale, il n'y a qu'un recours possible : la demande de remise en état de la connexion auprès de son fournisseur en signalant la perte de la synchronisation du modem (voyant DSL clignotant en permanence).
    Si le défaut est localisé sur l'installation terminale, il appartient à l'abonné d'y remédier. Comme le plus probable est la présence d'un brouilleur local il est préférable de commencer par le test du silence radio qui permet de localiser un brouilleur à la maison. Se reporter ici, paragraphe n°3. Si le test exclut le brouilleur à la maison, on ne sait toujours pas si le défaut provient d'un brouilleur local (à l'extérieur de la maison ou d'une altération de l'atténuation apportée par l'installation terminale. Comme on ne dispose pas de mesure d'atténuation avec le modem en position habituelle il est difficile de lever le doute. Deux attitudes sont possibles :
    • On abandonne l'installation terminale existante, alors la modification suivante, paragraphe n°2 peut-être mise en oeuvre.
    • On souhaite conserver l'installation terminale existante, alors il faut lever le doute évoqué plus haut en espérant que l'installation terminale présente un défaut d'atténuation. La méthode dichotomique décrite ici, praragraphe 1 peut s'appliquer. On peut au cours du test retrouver une synchronisation du modem. Si l'atténuation est effectivement altérée, on peut envisager de conserver l'installation terminale en la remettant en état. Si l'atténuation est correcte et le couple débit – marge incorrect alors il faut se résoudre à modifier l'installation terminale (voir ci-dessus) ou s'armer de patience car le brouilleur peut repartir aussi soudainement qu'il est arrivé.
  4. Les pertes de connexion adsl.
    Le symptôme : il n'y a plus de connexion internet ou il n'y a plus de téléphonie via internet ou encore il n'y a plus de télé par adsl et le voyant DSL clignote voire est éteint.
    Le "et" ici est nécessaire car les pertes de connexion internet ou téléphonique (VoIP) ou encore de télé avec le voyant DSL allumé fixe est un autre symptôme et ne concerne pas, en général, la connexion adsl.
    Les pertes de connexion adsl qui ne durent que quelques instants sont de même nature que les pertes de synchronisation du paragraphe n°3 ci-dessus. La seule différence est que le défaut est transitoire ou de courte durée au lieu d'être permanent.
    Si les pertes de connexion adls se répètent souvent, de l'ordre de quelques minutes de récurrence, elles peuvent être traitées comme la perte de synchronisation du paragraphe n°3. Le même test de raccordement direct du modem aux fils nus de la ligne en écartant toute l'installation terminale, voir ici, paragraphe 1 s'applique (avec le même cordon) car il n'est pas nécessaire d'attendre trop longtemps entre deux déconnexions. Ici le critère de localisation (local ou amont) est l'arrêt ou la continuation des pertes de connexion. L'arrêt implique l'installation terminale et la continuation l'amont. Les démarches restent identiques à celles du paragraphe n°3.
    Si les pertes de connexion ont une récurrence plus faible, il vaut mieux procéder comme indiqué ici paragraphe n°2 (suivi) et ii) (couple débit – marge).
  5. D'autres défauts.
    Il est difficile de donner d'autres symptômes révélateurs d'une mauvaise connexion PC / Internet qui n'implique que la connexion adsl. Outre ceux présentés ci-dessus on peut ajouter : les symptômes de dégradation des performances de la connexion adsl. Se reporter alors ici, paragraphe n°2 (Le suivi).
    Enfin on peut citer d'autres symptômes qui peuvent révéler une responsabilité de la connexion adsl. Dans les cas suivants, outre l'implication du modem (se reporter au paragraphe n°1 ci-dessus), la connexion adsl peut-être impliquée si les performance de celle-ci se sont dégradées. Cette situation est établie par le suivi des performances de la connexion adsl, voir ici, paragraphe n°2 (Le suivi) :
    • L'accès à internet depuis un PC ne fonctionne pas correctement.
    • Le téléphone via internet (VoIP) ne fonctionne pas correctement. Ici les performances de la connexion adsl doivent être fortement dégradées.
    • La télévision via internet ne fonctionne pas correctement.
    • Le débit utile mesuré par le grenouille ou tout autre procédé s'est dégradé. Ici la connexion adsl est impliquée si le débit mesuré est toujours supérieur à environ 80% du débit ATM de celle-ci. Dans le cas contraire, le réseau numérique amont ou aval est impliqué.
  6. La connexion adsl ne s'établit pas.
    Le modem peut avoir son voyant DSL allumé fixe et la connexion adsl n'est pas complètement établie. Ce défaut, sur certains modem, peut être attesté par un voyant de plus (pour les freebox l'heure n'est pas affichée).
    Ce défaut ne relève pas formellement de la connexion adsl en soi.
    Si la connexion est faite pour la première fois ou avec un nouveau modem, il est probable qu'il s'agisse d'une configuration insuffisante du modem ou de mauvais identifiant ou mot de passe.
    Sinon, quand on a écarté la panne toujours possible du modem, le défaut se situe en amont de la connexion adsl. L'abonné ne peut que demander le rétablissement de celle-ci auprès de son fournisseur d'accès.
  7. Le temps de latence s'est dégradé.
    Le temps de latence (ou latence) est mesuré par la commande ping, que l'on peut envoyer depuis son PC, dans une fenêtre d'exécution, vers une adresse extérieure.
    Comme ce temps peut dépendre de beaucoup de paramètres, la latence intéressante pour la connexion adsl est celle mesurée par rapport à la passerelle internet qui se trouve dans le DSLAM.
    Je n'ai pas retenu ce paramètre dans les paramètres à suivre pour les raisons ci-dessous :
    • Si les paramètres que j'ai retenus pour le suivi des performances de la connexion adsl sont corrects, alors la connexion adsl en soi n'est pas responsable d'un mauvais ping sur la passerelle.
    • La latence intéresse surtout les joueurs en ligne.
    Pour mesurer la latence depuis la passerelle internet il faut connaître son adresse !
    Je n'ai pas de méthode générale à proposer pour trouver l'adresse de sa propre passerelle, que l'on ait une adresse IP fixe ou dynamique. Si quelqu'un sait, je suis preneur, merci de poster ici, dans les Questions / réponses.
    La dégradation de la latence peut provenir (si tous les paramètres de suivi de la connexion adsl sont inchangés) d'un défaut d'un des modems de la connexion adsl ou du DSLM lui-même.
    Quand on a écarté la panne du modem abonné il faut demander à son fournisseur d'accès la remise dans l'état qui donnait la mesure du temps de latence précédent.


Ce message a été modifié par loicier le 23/03/10 à 09:50


--------------------
loicier
Ecrit le : 15/02/10 à 11:49


Cranouille Master
******

Groupe : Rédacteur
Messages : 5 437
Membre n° : 172
Inscrit le : 29/11/03



La symètrie

La symétrie mérite un post qui lui soit dédié. La norme de l'adsl , la fameuse recommandation G.992.3/5, lui consacre plusieurs pages de son annexe A.
C'est un peu plus technique comme post que les précédents. Il est clair que pour suivre, si on n'est pas technicien, il faut avoir lu les posts ci-dessus de ce sujet.
Qu'est-ce donc que la symétrie ?
Pour faire simple on peut dire qu'une ligne dont les deux brins sont totalement interchangeables est parfaitement symétrique.
Pour aller un peu plus dans le détail il faut introduire un troisième élément, en plus des deux brins de la ligne, qui est un point de référence. On choisit en général comme point de référence un point qui est relié à la terre de l'installation électrique. Par exemple la borne de terre de la prise électrique qui alimente le modem. Ce choix va être justifié plus loin. Dans ce qui suit ce point est désigné par terre ou la terre.
On a vu que tout champ électromagnétique est capable de générer un signal électrique, qui s'appelle bruit, entre les deux brins d'une ligne. De même tout champ électromagnétique génère du bruit entre chaque brin de la ligne et la terre. Les spécialistes de la CEM (Compatibilité ElectroMagnétique) modélisent ce bruit par un générateur électrique branché entre un brin de la ligne et la terre. Ce générateur est capable de débiter du courant. Il va débiter du courant dans tous les éléments électriques de fuite qu'il y a aux bornes du générateur parasite. Ces éléments de fuite sont essentiellement les résistances d'isolement entre chaque brin de la ligne et la terre plus un condensateur. Ce condensateur n'est pas un composant électrique discret installé intentionnellement, mais un condensateur parasite réparti entre les deux points. Pour les fréquences du domaine couvert par l'adsl, c'est le condensateur qui offre la conduction de fuite la plus grande pour le générateur parasite.
Quelque définitions :
  1. On appelle potentiel de mode commun ou encore potentiel longitudinal la moyenne (ou demi somme) des potentiels des deux générateurs branchés entre chaque brin de la ligne et la terre.
  2. On appelle potentiel différentiel la différence des potentiels de deux mêmes générateurs. Avec un peu de réflexion on comprend que le potentiel différentiel correspond au signal adsl et à son bruit additif, le bruit habituel, qui se trouvent entre les deux brins de la ligne.
  3. On appelle impédance de fuite l'association des éléments électriques (parasites ou non) présents entre chaque brin de la ligne et la terre. Il y a deux impédances de fuite. C'est dans une de ces impédances que le générateur branché sur le même brin va débiter.
  4. On appelle résistance de charge de la ligne, la résistance électrique présente entre les deux brins de la ligne. En adsl cette résistance charge doit être celle présentée par l'entrée du modem. Sa valeur n'est pas quelconque et est égale à 100 ohms.
Si les deux impédances de fuites sont égales on dit que la ligne est symétrique. Le potentiel de mode commun débite un courant identique dans chaque impédance de fuite. Dans ce cas le potentiel longitudinal n'a aucun effet sur le modem.
Si les impédances de fuites ne sont pas égales les courants qui traversent chacune d'elles ne sont plus égaux. La différence de ces deux courants traverse la résistance de charge de la ligne et développe à ces bornes un potentiel de bruit qui s'ajoute au bruit (différentiel) déjà présent.
La norme G.992.3/5 demande que le bruit supplémentaire introduit par le mécanisme décrit ci-dessus soit inférieur d'au moins 40dB à celui du potentiel longitudinal.
Si tous les appareils et équipements raccordés en filaire au modem sont alimentés à partir de la même prise de courant, alors les courants de fuite se referment majoritairement via la borne de terre de celle-ci. Ce qui justifie le choix de ce point comme point de référence appelé ici terre.
Le potentiel longitudinal peut être très important, ce qui veut dire, que même atténué de 40dB, le bruit introduit de cette manière peut ne pas être négligeable.
Les techniciens des FAI qui interviennent chez les clients sont parfois équipés de capacimètre avec lequel il peuvent mesurer la composante capacitive des impédances de fuite. Si les condensateurs mesurés ne sont pas égaux, c'est un défaut qui est, je crois, remonté (dans la mesure ou leur écart de valeur n'est pas inférieur à 40dB de leur somme) vers FT.
On peut mettre en évidence de façon formelle une dissymétrie (l'absence de symétrie) en alimentant le modem d'une manière qui l'isole totalement de la terre. Mais cela reste compliqué et hors de portée de l'internaute courant.
L'exemple type de la dissymétrie au niveau de l'installation terminale est celui des longueurs de brin différentes. Les longueurs de brin différentes sont aisément repérables car dans ce cas on a un nombre de brin différent sur la borne 1 et la borne 3 d'un des prises téléphonique. Je rappelle que ce nombre doit être au maximum de 2. On peut être dans ce cas si on a supprimé de l'installation terminale un module RC à trois broches (le fameux condo) sans supprimer tous les fils associés.
La dissymétrie peut se manifester à diverses occasions. En voici trois :
  1. Le couple débit - marge varie avec l'inversion des brins de la ligne.
  2. Le couple débit - marge varie quand on branche ou débranche une liaison filaire entre le modem et un autre équipement.
  3. Le couple débit - marge varie quand on modifie les branchements des alimentations électriques des équipements connectés au modem (connexion filaire seulement).
Si on remarque une variation dans l'un des cas ci-dessus, la première chose à faire est l'inspection de l'installation terminale pour repérer une éventuelle différence de longueur des brins qui la constitue. Cette différence de longueur se manifeste par un nombre de brins différents sur les 2 bornes d'un, au moins, des points de raccordement de l'installation terminale (prise téléphonique, bornier, …).
Si on ne trouve pas de dissymétrie liée à une longueur différente des brins, il faut alors envisager d'atténuer les effets de la dissymétrie. On a vu que le bruit longitudinal injecté dans le modem dépend de 2 grandeurs :
  1. L'amplitude du bruit longitudinal,
  2. La différence des courants de fuite vers la terre.
Dans le premier cas on va essayer de limiter l'amplitude du potentiel de mode commun. Les dispositifs comme les parafoudres ou les parasurtenseurs sont faits pour ça. Ils se branchent précisément entre les brins de la ligne et la terre. Ils peuvent-être suffisants dans les cas d'un très gros parasite généré par un équipement électrique défaillant. C'est le seul cas ou on peut les employer à cet usage. Ce ne peut être qu'une solution transitoire car au nom d'un principe déjà énoncé il vaut toujours mieux agir sur la source de perturbation.
Dans le deuxième cas on va insérer un dispositif qui limite les courants de fuite. Un tel dispositif fait appel à une ferrite. La ferrite qui entoure les deux brins de la ligne ajoute une résistance au passage des courants, qui ont le même sens dans les deux brins. Le signal adsl qui génère des courants de sens opposé dans les brins n'est donc pas affecté. Les courants de fuite ont le même sens dans chaque brins : ils sont donc atténués.
Comme la ferrite, que l'on trouve par exemple ici, est très facile à installer et peu chère, on peut ,à priori, faire un test comparatif.
Si avec la ferrite en place le couple débit - marge et /ou le taux de croissance RS (ou FEC) s'améliore(nt), cela révèle une symétrie insuffisante vis-à-vis de tous les bruits (stationnaire ou impulsif). Il convient donc alors de laisser la ferrite en place.
Pour terminer, quelques règles à respecter pour l'installation de la ferrite :
  • La ferrite s'installe sur le cordon de raccordement de la prise téléphonique au connecteur DSL du modem, au plus près de ce dernier.
  • Certains installent la ferrite sur le cordon d'alimentation du modem. Une partie des courants de fuite que l'on veut atténuer passe dans ce cordon. C'est la raison pour laquelle la ferrite peut avoir ici une action. Mais tous les courants de fuite ne passent pas nécessairement par ce cordon, c'est pourquoi il est plus efficace de mettre la ferrite sur le cordon qui se branche sur l'entrée DSL du modem.
  • Si le cordon de raccordement du modem est blindé, l'efficacité de la ferrite peut être diminuée. En effet il y a alors trois conducteurs d'enserrés par la ferrite. L'éventuelle fraction du courant de fuite qui se referme par blindage n'est donc pas atténuée. Ce point n'est pas forcément rédhibitoire, ne pas se priver de faire les test avec la ferrite.


Ce message a été modifié par loicier le 28/03/10 à 10:43


--------------------
0 utilisateur(s) sur ce sujet (0 invités et 0 utilisateurs anonymes)
0 membres :

 

 

Nous usons et abusons depuis des années des serveurs et de la bande passante de notre sponsor OVH

Tout simplement : Merci !